Le Moulin du château

La grande filature à 4 niveaux de baies à la clissonnaise qui domine les bas quartiers de la Trinité, se rattache originellement aux moulins dits du château. Affectée au travail des cotonnades à la Restauration, cette unité connu une existence troublée, jalonnée de crues et d’incendies. Ce site hydraulique, situé à la confluence de la Sèvre et de la Moine, est attesté déjà en 1407.

L’historien clissonnais, Paul de Berthou, n’hésite pas à rattacher le moulin de la rive gauche au système défensif du château médiéval le moulin fortifié fut détruit au XIX ième siècle.

Dans son ensemble, le site comprend 4 moulins au XVI ième siècle, répartis par paire sur chaque rive, et assure donc aux rives de Clisson une part confortable de leurs revenus.

Les « moulins du château » produisent de la farine de froment et de seigle.

En 1714, ces moulins appartiennent à Descazaux du Hallay, un des plus gros négociants nantais, membre du Conseil de Commerce. Leur affectation est uniquement farinière et un moulin à vent dit de « Toutejoye » leur est adjoint. Un bail consenti en 1757 par le receveur de la châtellenie à Antoine Forget, meunier, pour 1000 livres par an, confirme l’importance de la position et le rendement élevé qu’on peut en attendre, d’autant plus qu’un « droit de minage » perçu sur les grains transitant par Clisson leur était attaché.

Ces installations ont souffert de la crue de 1770 et des incendies de la guerre civile. Ils ont ensuite été saisis par le prince de Condé, successeur du prince de Soubise.

Rachetés comme biens nationaux par Claude-Antoine Marson, consul de France, les bâtiments ruinés donnèrent probablement matière à une opération spéculative. Marson essaya, semble-t-il, de se faire indemniser des dommages de guerre puis en 1812 donna mandat à Joseph Gautret de vendre les moulins qu’il n’avait toujours pas rétablis.

En 1817, Lemot se porte acquéreur. Il arrente les moulins à Pierre Housset.

Le site de la rive droite, équipé d’une papeterie pendant très peu de temps, est acheté en 1826 par Joseph Armansin et Jean Baptiste Lenoir qui le transforme en filature. Il est aménagé dans le style clissonais et file le coton d’Amérique puis la laine.

L’énergie hydraulique se révélant irrégulière, une machine à vapeur de 14 chevaux fut ajoutée en 1834. Le coût de cette installation obligea Lenoir à vendre son affaire à son principal créancier, le baron d’Yvoley, le 11 avril 1836, lequel lui rétrocéda l’usine en location..

L’usine traitait 80 tonnes de matière par an et employait 310 ouvriers. Un incendie ravage la filature en juin 1851 et interrompt brutalement son expansion. L’affaire redémarre à un rythme plus modeste en 1860. Le bâtiment actuel pourrait dater de 1860. Reconstruit sur un plan rectangulaire, cette filature « à la clissonnaise » comprend 4 niveaux de baies appareillées de brique, séparées en 7 travées. Cette filature a connu plusieurs crues et incendies.

La filature ne compte plus que 49 ouvriers en 1873 et se spécialise dans la laine.

En 1929, un nouvel incendie ruine probablement les 2 derniers étages, qui ont été démolis et remplacés par un seul.

Mairie de Clisson - 3 Grande rue de la Trinité BP 19117 - 44191 Clisson Cedex
Tél. 02 40 80 17 80 - Fax 02 40 80 17 66 - Email contact@mairie-clisson.fr
sites internet collectivités