Séparé de l’église de la Trinité par un cimetière, se trouvait ici un couvent, occupé au XIème siècle par des religieux de l’ordre Saint-Augustin, puis par des Bénédictins au XIIème siècle. A leur arrivée en 1645, les religieuses bénédictines en font un beau monastère et un pensionnat de jeunes filles, qui dominent la ville.
Le cloître forme un carré parfait composé d’arcades.
Le parc s’étend sur les deux rives de la moine.
Le couvent est incendié en 1794, en même temps que l’église. Il avait auparavant été réquisitionné comme bien national. En 1796, l’assemblée communale s’y réunit pour procéder aux élections.
Valentin décide d’édifier sa résidence d’été à l’imitation des villes de la campagne romaine, sur l’emplacement de cet ancien couvent, en partie démoli et dont il intègre certains éléments.
Dès 1810, Lemot aide son ami Valentin : il fait appel à Joseph Gautret, gestionnaire de la Garenne Lemot et à l’architecte Mathurin Crucy pour les plans de la Garenne Valentin. Mais Lemot en restera le maître d’œuvre.
L’ensemble de la Garenne Valentin, accolé à l’église de la Trinité, se constitue des restes de l’ancien cloître du couvent, du Belvédère et de trois corps de logis.
Le premier corps de logis longe la galerie voûtée de l’ancien cloître du couvent de la Trinité. Le pignon sud du logis comprend un portique néoclassique, composé de 4 piliers doriques surmontés d’un fronton. Des escaliers descendent en terrasses jusqu'à la Moine et accentuent le caractère italianisant de cette architecture. Cette aile a enfermé les appartements de la famille Valentin.
Le second logis, construit face à la Moine, est aussi réalisé sur les restes de l’ancien couvent
Enfin, le dernier corps de logis se situe en bordure de la place de la Trinité. Il prend le nom de galerie puisqu’il renfermait une importante collection de tableaux et de plâtres ayant appartenu à Valentin mais aujourd’hui disséminés. La galerie fut détruite en 1902.
Valentin convertit l’ancien clocher des religieuses en belvédère
Le style rustique à l’italienne de la maison du jardinier de Lemot se retrouve dans la porterie (ou Pavillon Henri Aillet), construite avec des baies en plein cintre appareillées de briques ainsi que dans la grange.
Ainsi donc, les travaux commencés en 1810, perdurent jusque dans les années 1822-30. Le meilleur dessin qui restitue la Garenne Valentin telle qu’on pouvait encore l’admirer au début du siècle, est dû à Lemot lui-même et conservé aux archives Auvray : on y observe les ailes, le belvédère. Sans cela, nous ne pourrions imaginer l’importance et la beauté du site, dénaturé par la destruction de la galerie au début du XXème siècle, et du belvédère, dénaturé par la construction d’un bâtiment sans caractère à la place de la treille et par la restauration malencontreuse de l’ancien clocher des religieuses en ciment gris et briques violettes.
Le parc de la Garenne Valentin a été aménagé à partir d’un jardin déjà existant. Ici, comme à la Garenne Lemot, on trouve le jardinier Lechappé.
- La moine coule dans le parc planté d’essences méditerranéennes.
Le parc paysage possède une fabrique monumentale appelée le « Pavillon des Rochers » édifié sur un rocher de granite dominant la Moine, sur les fondations des latrines de l’ancien couvent. C’est l’exemple parfait de la fabrique italianisant avec son garde corps en tuileaux et son oculus en brique.